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Photographe vidéaste - Pourquoi je ne fais pas de vidéo

  • Photo du rédacteur: Ronan Hellou
    Ronan Hellou
  • 2 juil.
  • 3 min de lecture

Ou pourquoi j'ai choisi de me consacrer entièrement à la photographie

Photographe

À l'heure où beaucoup de photographes proposent également de la vidéo, la question revient régulièrement.

« Tu fais aussi de la vidéo ? »

Ma réponse est toujours la même : non.


Ce n'est ni un manque d'intérêt, ni une prise de position contre la vidéo. Bien au contraire. J'admire le travail des vidéastes avec lesquels j'ai parfois l'occasion de collaborer. Mais j'ai fait un choix il y a longtemps : celui de consacrer toute mon énergie à la photographie.

Parce que, même si les deux disciplines utilisent parfois le même matériel, elles ne racontent pas les histoires de la même manière.


Photographe vidéaste - Deux disciplines, deux façons de raconter une histoire

La vidéo est un langage construit dans le temps. Elle vit grâce au mouvement, au rythme, aux transitions qui relient les plans entre eux. Une musique peut transformer une scène, un silence peut créer une tension, un étalonnage peut modifier toute une atmosphère. Le vidéaste pense son récit comme une succession d'instants qui prennent tout leur sens une fois assemblés.

C'est un métier fascinant, exigeant, qui demande une véritable maîtrise. Une maîtrise différente de celle que demande la photographie.


Le défi de la photographie : faire vivre l'immobile

Clémence de Voltisséa

Le photographe, lui, ne dispose que d'un seul instant.

Une seule image.

Une image qui ne bougera jamais…

et qui pourtant doit sembler vivante.

C'est peut-être ce paradoxe qui me passionne depuis toujours. Comment insuffler de la vie à quelque chose d'immobile ? Comment suggérer un mouvement qui n'existe plus ? Comment guider naturellement le regard d'une personne vers un détail plutôt qu'un autre, simplement grâce au cadrage, à la lumière ou à la composition ?

Chaque photographie est un équilibre fragile. Une couleur peut modifier une émotion. Une ligne peut conduire l'œil. Une ombre peut donner de la profondeur. Et lorsque la couleur disparaît, le noir et blanc laisse apparaître une autre lecture de l'image, où les formes, les contrastes et les matières deviennent les véritables acteurs de la scène.

C'est cette recherche qui m'anime. Celle qui consiste à raconter beaucoup avec très peu.

Une photographie n'a pas besoin de musique pour émouvoir. Elle n'a pas besoin d'un mouvement de caméra pour attirer l'attention. Elle doit pouvoir retenir le regard par sa seule présence et continuer à raconter quelque chose longtemps après le premier coup d'œil.


Pourquoi j'ai choisi de me spécialiser

C'est aussi pour cette raison que je ne cherche pas à tout faire.

Je pourrais proposer de la vidéo, comme beaucoup le font aujourd'hui. Mais je préfère approfondir un seul savoir-faire plutôt que d'en multiplier plusieurs. Je préfère consacrer du temps à affiner mon regard, à travailler la lumière, à perfectionner mes compositions ou ma manière de diriger une personne devant l'objectif plutôt que de partager mon attention entre deux disciplines qui méritent chacune un engagement total.

Lorsque l'un de mes clients a besoin d'un film, je l'oriente naturellement vers des vidéastes dont c'est le métier. Chacun apporte son expertise et le résultat n'en est que meilleur. Je crois profondément que la qualité naît souvent de cette complémentarité plutôt que de la volonté de tout réaliser seul.


Une image qui continue de vivre

Au fond, ce qui me touche dans la photographie, c'est sa capacité à suspendre le temps.

Là où la vidéo accompagne le regard, la photographie lui laisse la liberté de s'arrêter. De revenir en arrière. D'observer un détail que l'on n'avait pas vu au premier abord. De ressentir une émotion différente à chaque nouvelle lecture.

Une photographie ne parle pas plus fort qu'une vidéo.

Elle parle autrement.

Et c'est précisément cette force silencieuse, cette capacité à faire vivre une image immobile, qui me donne envie, chaque jour, de continuer à être photographe.



Conclusion

Je n'ai jamais considéré la photographie comme une simple manière de produire des images.

Pour moi, elle est une façon d'observer, de comprendre et de raconter.

La vidéo possède ses propres codes, son propre langage et une richesse que j'apprécie profondément. Mais mon regard, lui, s'est toujours construit autour de l'image fixe. Celle qui oblige à tout raconter en une fraction de seconde. Celle qui laisse le spectateur libre d'y revenir, d'y découvrir un nouveau détail, une nouvelle émotion.

Finalement, ne pas faire de vidéo n'est pas une limite.

C'est le choix d'aller plus loin dans ce qui me passionne vraiment.

 
 

Ils me font confiance

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